De Goppenstein à Arbächnubel, Lauchernalp

Sortie du 23 août 2024

Caractéristiques

Altitude départ

1’215 m.

Altitude arrivée

2’240 m.

Dénivellé global

1’025 m.

Distance (envir.)

13.5 km

Carte et description

Quelques mots sur mon ressenti… Retour dans une des régions valaisannes que j’affectionne particulièrement avec cette fois-ci une découverte de Lauchernalp et le sommet se trouvant à proximité, Arbächnubel. Même si pour moi ce point de vue ne peut égaler le ressenti que j’ai pu avoir lorsque j’ai parcouru Faldumalp, plus à l’Ouest, le panorama reste cependant splendide.

Ce sommet permet aussi d’apercevoir une partie du village de Blatten avant la catastrophe survenue moins d’un an après cette randonnée. L’éboulement de Blatten a laissé une marque considérable au paysage, comme si la nature, sidérée par la beauté de sa création dans cette belle vallée, souhaitait simplement y ajouter une cicatrice qui, même profonde, ne pourra abimer la splendeur du Lötschental.

J’espère que vous aurez compris que vous vous devez de randonner dans cette belle région et que la balade proposée m’a particulièrement plu.

Quelques mots sur le parcours… Prenez garde à la circulation de Goppenstein jusqu’à Wiler et, quand vous le pouvez, évitez la route principale. Il y a de nombreux contournements permettant de rouler aisément à VTT.

De Wiler à Lauchernalp, aucune difficulté particulière. Le revêtement est constitué de bitume tout du long et la montée se fait de manière assez douce avec une route en lacets.

Enfin, de Stafel à Arbächnubel, cela se complique quelque peu. Le bitume fait place dans un premier temps à un chemin qui reste praticable mais la dernière montée est plutôt constituée de pierrier et la pente est forte. La récompense se trouve au sommet et mérite cette dernière grimpette.

Quelques mots sur un point d’intérêt… Comme j’évoque le village de Blatten dans cet article, je pense qu’il est désormais temps de vous en faire un bref historique.

Blatten est située dans le demi-district de Rarogne occidental. Située à 1’540 m. d’altitude, la commune est la plus haute du Lötschental. Elle comprend les hameaux d’Eisten, de Ried et de Weissenried.

Le nom de la commune vient de l’ancien haut allemand « blatta », signifiant plateau rocheux, terrasse montagneuse ou encore dalle rocheuse. Ce nom est attesté dès 1443.

L’histoire de Blatten remonte à une époque très lointaine. Une épingle datant de l’âge du bronze a été retrouvée à Blatten.

Les habitants de la commune sont surnommés d’Holblattnär et ds Veh, soit les bestiaux, les brutes en suisse allemand. Les villageois maintiennent vivante la tradition des Tschäggättä, chassant l’hiver lors du carnaval.

Blatten se sépare en 1898 de la paroisse de Kippel. Le hameau de Fafleralp (en amont dans la vallée de la Lonza, à 1’784 m. d’altitude) est un site touristique depuis 1910. La révolution industrielle et la croissance économique ont provoqué un fort exode rural au XIXe (service étranger, domestiques) et au XXe siècle (secteurs de l’industrie et des services).

En 1913, le percement du tunnel du Lötschental, reliant la vallée au canton de Berne, permet de désenclaver le village. L’agriculture et l’élevage dominent cependant l’économie locale jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

La construction d’une route carrossable en 1954 permet aux habitants de Blatten d’aller travailler en plaine, pour la journée ou la semaine, dans les secteurs secondaire et tertiaire. Dans les années 1960, l’ouverture d’une petite usine d’aluminium à Steg occupe nombre d’habitants. Par la suite, c’est le tourisme qui constitue l’essentiel du revenu de la commune.

L’actualité plus récente du village est survenue à partir du 14 mai 2025, les hauteurs de Blatten sont placées sous surveillance en raison de signes annonciateurs d’éboulement. Les trois cents habitants du village sont évacués le 19 mai.

Pendant plusieurs jours, des millions de mètres cubes de roches se détachent du Petit Nesthorn (3’342 m, situé au Sud-Est de Blatten), sous le Bietschhorn (3’934 m.). Ces roches finissent par s’accumuler notamment sur le glacier du Birch dont la vitesse d’écoulement augmente sous cette charge, au point d’atteindre dix mètres par jour.

Le 28 mai vers 15 h 30, l’effondrement du glacier du Birch ainsi alourdi détruit la majeure partie du village. Il s’agit de l’un des plus grands mouvements de masse jamais enregistrés par le Service sismologique suisse, qui correspond approximativement à une magnitude sismique de 3,1.

L’éboulement ensevelit 90 % du village. D’importants volumes de glace, de roches et de terre s’accumulent sur plusieurs mètres de haut dans la vallée et coupent le cours de la rivière Lonza, affluent du Rhône. Malgré l’évacuation préventive du village, un homme de 64 ans meurt alors qu’il se trouvait encore dans le secteur au moment où le glacier a cédé.

La Lonza étant ainsi obstruée par ces matériaux sur environ deux kilomètres de longueur, un lac se forme rapidement en amont de ce barrage naturel, ce qui provoque l’inondation de plusieurs maisons épargnées par l’éboulement.

Le 13 juin 2025, le maire de la commune présente un plan de reconstruction du village pour 2030 en tenant compte des zones à risques d’avalanches. Ce projet vise à terme à déblayer, restaurer et sécuriser le fond de la vallée, reconstruire le cœur du village disparu, l’étendre sur le versant opposé au glacier et agrandir les hameaux d’Eisten et Weissenried.

Cette reconstruction est approuvée le 3 septembre 2025 par le Conseil d’État du Valais qui lui alloue un budget de 106 millions de francs venant compléter les 341 millions venant des assurances, pour un coût total estimé à 450 millions de francs.

Actualité récente, il y a quelques mois, un nouvel hôtel, le « Momentum », vient d’ouvrir sur les hauteurs, à Lauchernalp d’ailleurs, comme un symbole d’espoir. Mais l’avenir reste incertain pour les sinistrés de Blatten qui ne savent pas s’ils pourront vraiment rentrer chez eux.

Cet hôtel, construit en seulement 105 jours reste une prouesse qui symbolise la résilience d’une communauté frappée par la catastrophe. Son propriétaire et ancien propriétaire de l’hôtel détruit à Blatten, Lukas Kalbermatten, confie : « Cela a été une véritable thérapie. On a retrouvé la joie de vivre, on a retrouvé un sens ».

La montagne reste instable, comme le mentionne le glaciologue Daniel Farinotti qui suit l’évolution de la situation depuis le début. Il a survolé la zone à plusieurs reprises. « Si des volumes plus importants se détachaient et passaient par-dessus la crête, ça deviendrait réellement dangereux », prévient-il.

Le permafrost dégèle à cause du réchauffement climatique. Les montagnes commencent à s’effriter. « Cet événement ne sera pas le dernier », avertit le chercheur.

A Blatten, quelques nouvelles maisons pourront voir le jour au cœur de l’ancien village. Mais la majorité des constructions devront se faire sur les hauteurs, à l’est.

Malgré la détermination, de nombreuses incertitudes demeurent. Combien d’habitants reviendront vraiment ? Une véritable vie de village pourra-t-elle renaître ?

« Il y a deux tendances », observe Lukas Kalbermatten. « Ceux qui disent ‘je veux rentrer chez moi, un point c’est tout’. Et ceux qui attendent de voir comment la situation évolue. »

L’hôtel Momentum représente bien plus qu’un simple établissement. « Si nous avons pu construire un tel bâtiment en quatre mois, alors nous serons capables de reconstruire un village entier en cinq ans », affirme Lukas Kalbermatten.

Autre symbole d’espoir, une petite chapelle a miraculeusement survécu à la catastrophe. Les bougies électriques y brûlent encore. « C’est le hasard ? Ce sont des choses qui nous donnent de la confiance. Un signe qui indique qu’on n’est pas seul », confie l’hôtelier.

Reste un patrimoine sauvegardé comme la chapelle baroque de la Visitation à Kühmatt, datant de 1654, qui est un lieu de pèlerinage régional. Elle abrite des autels de Johann Sigristen et de nombreux ex-votos.

D’autres malheureusement détruits comme deux fours à pain, un moulin, une maison communale et une scierie ainsi qu’une maison de commune témoignent de l’ancienne autarcie et de la conscience communautaire. Ces bâtiments sont utilisés jusqu’à la destruction du village.

Photos

Highlights

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Pour plus d’images, veuillez me contacter : admin@vtt-valais.ch

Vidéos

GoPro

(trajet depuis l’objectif [altitude la plus haute] jusqu’au point de départ [altitude la plus basse])

Version longue

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Version longue

Alternative YouTube : https://youtu.be/g9chZ8E-ujE

Version courte

Alternative YouTube : https://youtu.be/2jaZ5QGQI3Y

Alternative YouTube : https://youtu.be/g9chZ8E-ujE

Alternative YouTube : https://youtu.be/2jaZ5QGQI3Y

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